Émotions et performance : comment les utiliser à votre avantage ? | Oriva

Émotions · Performance · Préparation mentale

Les émotions : un véritable booster de performance ?

Dans l’entreprise, on parle volontiers de performance, d’efficacité, de compétences ou de résultats. Beaucoup moins d’émotions. La peur, la colère, l’anxiété ou même le stress restent encore souvent perçus comme des sujets personnels, qu’il faudrait laisser à la porte du bureau. Comme si être professionnel signifiait ne rien laisser paraître.

Et pourtant, nos émotions ne disparaissent pas lorsque nous travaillons.

Un dirigeant peut hésiter à prendre une décision par peur de se tromper. Un collaborateur peut perdre ses moyens sous l’effet du stress. Un manager peut réagir avec colère face à son équipe. À l’inverse, l’enthousiasme peut augmenter la motivation, la confiance et faciliter le passage à l’action.

Dans le sport, ce lien entre émotions et performance est depuis longtemps intégré à la préparation mentale des athlètes. Pourquoi en serait-il autrement dans l’entreprise ?

Car nos émotions influencent notre cerveau, notre corps, notre concentration, nos comportements et nos décisions. L’enjeu n’est donc pas de les faire disparaître, mais d’apprendre à les identifier, les accepter et les réguler pour en faire des alliées de notre performance.

Émotions, respiration et fonctionnement du corps

Avant de comprendre l’impact des émotions sur la performance, encore faut-il comprendre ce qu’est réellement une émotion.

Une émotion peut être définie comme une réponse complexe à un stimulus interne ou externe. Elle ne se résume donc pas à ce que nous « ressentons dans notre tête ». Elle mobilise plusieurs dimensions de notre fonctionnement.

Une expérience mentale

Une émotion s’accompagne d’une expérience subjective et de processus mentaux : pensées, interprétations, souvenirs, anticipation d’une situation…

Prenons un exemple simple : deux collaborateurs doivent prendre la parole devant le même groupe.

Le premier pense : « C’est l’occasion de montrer ce que je sais faire. »

Le second : « Je vais perdre mes moyens et tout le monde va le voir. »

La situation est identique. Pourtant, leur expérience émotionnelle peut être très différente. L’un peut ressentir de l’enthousiasme, tandis que l’autre éprouve de l’anxiété.

Une activation physiologique

L’émotion provoque également des modifications dans le corps : accélération du rythme cardiaque, changement du rythme respiratoire, tension musculaire, transpiration, sensation de chaleur, modification de la respiration…

Cette activation physiologique peut avoir un effet direct sur notre manière d’agir.

Face à une situation perçue comme menaçante, par exemple, le système nerveux peut préparer le corps à réagir. Le rythme cardiaque augmente, les muscles se tendent et l’attention se focalise davantage sur certains éléments de l’environnement.

C’est notamment pour cette raison que des techniques comme la respiration, la relaxation ou la gestion du stress sont utilisées en préparation mentale : agir sur le corps peut aider à modifier progressivement notre état émotionnel.

Cette relation fonctionne d’ailleurs dans les deux sens. Notre état émotionnel influence notre posture et notre corps, mais certaines approches d’induction corporelle cherchent également à agir sur l’émotion à partir du mouvement, de la posture ou de la respiration.

Une expression comportementale

Enfin, l’émotion peut se traduire par un comportement expressif : expression faciale, ton de voix, posture, mouvement d’approche, d’évitement ou parfois de figement.

Une personne en colère peut parler plus fort. Une personne anxieuse peut éviter une situation. Une personne enthousiaste peut avoir davantage tendance à prendre des initiatives.

Autrement dit :

Émotion → réaction mentale et physique → tendance à l’action → comportement.

C’est précisément ce mécanisme qui permet de comprendre pourquoi les émotions jouent un rôle aussi important dans la performance.

Émotions positives et émotions négatives : une distinction à nuancer

On distingue souvent les émotions positives — joie, enthousiasme, satisfaction — des émotions négatives — peur, colère, tristesse, anxiété.

Cette distinction repose notamment sur leur valence, c’est-à-dire le caractère agréable ou désagréable de l’expérience.

Mais « agréable » ne signifie pas nécessairement « utile » et « désagréable » ne signifie pas nécessairement « mauvais pour la performance ».

La colère peut, dans certaines conditions, apporter l’énergie nécessaire pour poser une limite. Une certaine anxiété peut augmenter le niveau de vigilance avant une compétition ou une présentation importante. À l’inverse, un enthousiasme excessif peut parfois conduire à prendre une décision trop rapidement ou à perdre en concentration.

C’est donc moins la nature positive ou négative d’une émotion qui compte que son intensité, le contexte dans lequel elle apparaît et l’utilisation que nous en faisons.

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Comment les émotions influencent-elles la performance ?

La performance peut être définie comme la capacité à accomplir une tâche ou une activité de manière efficace et efficiente. Dans le sport, elle pourra être associée à un temps, un résultat ou une victoire. Dans l’entreprise, elle pourra notamment se traduire par la qualité du travail, l’atteinte d’un objectif, la capacité à décider, à coopérer ou à produire un résultat dans un temps donné.

Dans les deux cas, la performance ne repose pas uniquement sur les compétences techniques ou physiques.

Notre état émotionnel entre lui aussi dans l’équation.

L’émotion nous prépare à agir

Le mot « émotion » renvoie d’ailleurs étymologiquement à l’idée de mouvement. Et cette notion est essentielle pour comprendre son rôle.

Une émotion constitue une forme de signal qui prépare l’organisme à réagir.

La peur peut pousser à éviter un danger. La colère peut donner l’énergie nécessaire pour défendre une limite. La joie peut encourager à poursuivre une expérience agréable. L’enthousiasme peut soutenir la motivation et l’engagement.

Sans mouvement, pas de performance. Et sans émotion, difficile de se mettre en mouvement.

Le problème apparaît donc moins lorsque nous ressentons une émotion que lorsque celle-ci devient trop intense, trop durable ou inadaptée à la situation.

Les émotions affectent la concentration

Notre état émotionnel influence également la manière dont nous mobilisons notre attention et notre concentration.

Un niveau modéré d’activation peut aider une personne à être plus vigilante et mobilisée. Mais lorsque le stress ou l’anxiété deviennent trop importants, une partie de l’attention peut être captée par les pensées parasites, les sensations physiques ou l'anticipation d'un éventuel échec.

Un athlète peut alors se focaliser sur la peur de perdre plutôt que sur son jeu. Un collaborateur peut penser à la réaction de son manager plutôt qu’à sa présentation. Un dirigeant peut rester bloqué sur les conséquences possibles d’un mauvais choix au lieu d’analyser les données disponibles.

L’émotion devient alors une charge supplémentaire pour le cerveau, susceptible de perturber les processus mentaux nécessaires à la tâche.

À l’inverse, certaines émotions positives, lorsqu’elles restent adaptées à la situation, peuvent favoriser la motivation, l’engagement et la disponibilité mentale.

Elles influencent également la prise de décision

Nous aimons parfois penser que nos décisions sont purement rationnelles. Pourtant, émotion et prise de décision sont étroitement liées.

La peur peut pousser à éviter une option pourtant pertinente. L’excès de confiance peut conduire à sous-estimer un risque. La colère peut favoriser une réaction plus impulsive. L’enthousiasme peut accélérer le passage à l’action.

Dans l’entreprise, l’enjeu est considérable : recrutement, négociation, management, gestion d’un conflit, choix stratégique… L’état émotionnel du dirigeant, du manager ou du collaborateur peut influencer la manière dont il perçoit une situation et choisit d’y répondre.

L’objectif de l’intelligence émotionnelle n’est donc pas de supprimer l’émotion de la décision, mais d’être suffisamment conscient de son état pour éviter qu’elle ne décide entièrement à notre place.

Popularisée notamment par le psychologue Daniel Goleman, cette notion d’ intelligence émotionnelle renvoie à la capacité à reconnaître et comprendre ses émotions, mais également celles des autres, afin de mieux adapter son comportement et ses relations.

Il n’existe pas un état émotionnel idéal pour tout le monde

C’est un point particulièrement intéressant en psychologie du sport : deux athlètes peuvent avoir besoin d’états émotionnels très différents pour atteindre leur meilleur niveau.

L’un pourra avoir besoin d’être très calme avant une compétition. Un autre aura besoin d’un niveau de tension et d’activation beaucoup plus important pour se sentir pleinement mobilisé.

La question n’est donc pas uniquement :

« Comment faire disparaître mon stress ? »

Mais plutôt :

« Dans quel état dois-je être pour atteindre mon fonctionnement optimal ? »

Cette logique peut tout à fait être transposée au travail.

Certaines personnes ont besoin d’une certaine pression pour se mobiliser. D’autres perdent rapidement leurs moyens lorsqu’elle augmente. Certaines prennent de meilleures décisions après avoir pris du recul ; d’autres ont besoin de passer rapidement à l’action.

Apprendre à performer passe donc aussi par une meilleure connaissance de son propre fonctionnement émotionnel : identifier ce que l’on ressent, observer son effet sur le corps et le mental, comprendre ses réactions habituelles et développer progressivement les outils permettant de retrouver une zone de fonctionnement optimal.

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Émotions et performance au travail : quel impact ?

Émotions, collaboration et performance au travail

Pendant longtemps, le monde de l’entreprise a surtout valorisé la rationalité, la maîtrise et l’efficacité. Les émotions, elles, ont parfois été considérées comme quelque chose de trop personnel, voire comme un signe de fragilité qu’il valait mieux contenir.

Pourtant, demander à une personne de laisser ses émotions à la porte de l’entreprise est tout simplement irréaliste.

Nous travaillons avec nos compétences, mais aussi avec notre histoire, nos perceptions, notre stress, nos motivations, nos peurs et nos réactions.

Les émotions sont donc présentes partout : dans une prise de parole, une réunion, un conflit, une négociation, une décision importante ou encore dans la relation entre un manager et son équipe.

Et elles peuvent avoir un impact significatif sur la performance individuelle, collective et organisationnelle.

Quand les émotions influencent directement nos comportements

Imaginez un collaborateur qui reçoit un feedback négatif de son manager.

En quelques secondes, plusieurs réactions peuvent apparaître : accélération du rythme cardiaque, modification du rythme respiratoire, tension musculaire, changement de posture ou d’expression faciale… Mais aussi des pensées : « Il ne reconnaît jamais mon travail », « Je ne suis pas à la hauteur », « C’est injuste ».

Selon son état émotionnel et sa capacité à le réguler, son comportement sera différent.

Il pourra écouter et chercher à comprendre. Se justifier immédiatement. Se fermer. Répondre agressivement. Ne rien dire sur le coup mais ruminer pendant plusieurs heures.

Une même situation peut donc générer des comportements très différents selon l’émotion ressentie et la manière dont elle est interprétée et régulée.

C'est là que le lien entre émotions et performance au travail devient particulièrement concret.

Car derrière une émotion peuvent se jouer la qualité d'une décision, la capacité à communiquer, la coopération avec un groupe, la concentration ou encore l'efficacité dans la réalisation d'une tâche.

Émotions, management et performance collective

L’effet des émotions ne s’arrête pas à la personne qui les ressent.

Dans une équipe, elles possèdent également une dimension sociale et collective.

Un manager qui arrive tendu à une réunion, répond sèchement et montre son irritation par son comportement expressif peut modifier l’état de son équipe, même sans verbaliser ce qu’il ressent.

À l’inverse, un manager capable d’identifier son propre état émotionnel, de prendre du recul et d’adapter sa réaction peut contribuer à créer un environnement plus propice aux échanges.

C'est notamment ici que l’intelligence émotionnelle prend tout son sens.

Popularisée auprès du grand public notamment par Daniel Goleman, elle désigne la capacité à percevoir, comprendre et réguler ses propres émotions, mais aussi à prendre en compte celles des autres.

Dans le cadre du management, développer cette compétence peut notamment aider à mieux communiquer, gérer les tensions, comprendre certaines réactions, prendre du recul avant d’agir ou accompagner un collaborateur en difficulté.

Il ne s'agit pas pour autant de créer une entreprise dans laquelle chacun devrait exprimer en permanence tout ce qu’il ressent. L’enjeu est plutôt de développer une culture dans laquelle l’émotion peut être reconnue comme une information utile, sans qu’elle prenne systématiquement le contrôle du comportement.

Les émotions peuvent-elles améliorer la performance au travail ?

Oui, mais il serait réducteur de penser qu’il suffit de favoriser les émotions positives et d’éliminer les émotions négatives pour améliorer la performance.

L’enthousiasme peut augmenter la motivation, l’engagement et l’envie d’agir. La satisfaction peut renforcer le sentiment d’accomplissement. La confiance peut faciliter la prise d’initiative.

Mais une émotion agréable n’est pas automatiquement synonyme de performance.

Un excès d’enthousiasme peut, par exemple, conduire à minimiser certains risques. Une confiance excessive peut altérer la qualité d’une prise de décision.

À l’inverse, certaines émotions négatives peuvent avoir une fonction utile. La peur attire notre attention sur une menace. La colère peut signaler qu’une limite ou une valeur importante a été transgressée. L’anxiété peut conduire à mieux préparer une échéance.

La véritable question devient donc :

« Que m’indique cette émotion et que vais-je en faire ? »

C’est cette capacité à comprendre puis à réguler son fonctionnement émotionnel qui peut progressivement contribuer à la performance organisationnelle.

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Émotions et performance sportive : pourquoi le mental compte autant ?

Préparation mentale et performance sportive

Le lien entre émotions et performance apparaît de manière particulièrement évidente dans le sport.

Deux joueurs peuvent avoir le même niveau technique. Deux athlètes peuvent avoir suivi une préparation physique et un entraînement similaires. Pourtant, le jour de la compétition, leurs performances peuvent être radicalement différentes.

Pourquoi ?

Parce que savoir faire quelque chose à l’entraînement ne garantit pas toujours d’être capable de le reproduire lorsque la pression augmente.

Stress, peur de l’échec, excitation, colère, confiance en soi, motivation… L’état émotionnel de l’athlète influence sa manière d’utiliser ses compétences au moment où il en a besoin.

C'est précisément l'un des champs de travail de la psychologie du sport et de la préparation mentale.

Quand l’émotion agit sur le corps de l’athlète

Avant une compétition importante, un athlète peut ressentir une augmentation de son rythme cardiaque, une respiration plus rapide, une tension musculaire ou encore une sensation d'agitation.

Cette activation physiologique n’est pas nécessairement problématique.

Elle peut au contraire préparer le corps à l’effort.

Mais lorsque cette activation devient trop importante ou qu’elle est interprétée comme le signe que quelque chose ne va pas - « je stresse, je vais forcément rater » - elle peut perturber la performance sportive.

La tension musculaire peut altérer la fluidité d'un mouvement. Une respiration trop rapide peut renforcer certaines sensations de stress. Une attention excessive portée au résultat peut détourner la concentration de l'action présente.

L’athlète peut alors avoir toutes les compétences physiques et techniques nécessaires sans parvenir à accéder pleinement à son potentiel.

Le mental ne remplace donc jamais l’entraînement physique ou technique. Il permet plutôt à l’athlète d’accéder plus facilement aux compétences qu’il possède déjà lorsque la pression augmente.

Chaque athlète possède son propre fonctionnement optimal

Il n’existe pas un niveau d’activation émotionnelle idéal applicable à tout le monde.

Certains sportifs ont besoin de beaucoup d’énergie avant une compétition. Ils écoutent de la musique, bougent, parlent avec leur équipe et cherchent volontairement à augmenter leur niveau d’activation.

D’autres ont besoin de calme, de silence, d’une routine précise ou d’exercices de respiration pour se sentir prêts.

Le but de la préparation mentale n’est donc pas de transformer chaque athlète en personne parfaitement détendue.

Il est de l’aider à identifier les conditions dans lesquelles il fonctionne le mieux.

Quel niveau de stress m’aide à performer ? À partir de quel niveau devient-il handicapant ? Comment mon corps réagit-il ? Quelles pensées apparaissent ? Qu’est-ce qui m’aide à retrouver ma zone de fonctionnement optimal ?

Ce travail de connaissance de soi permet progressivement de construire une préparation adaptée à chaque personne.

Et cette idée est parfaitement transposable au monde professionnel : la performance ne consiste pas toujours à être calme, mais à savoir retrouver l’état mental, émotionnel et physique dont nous avons besoin pour agir efficacement.

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Quel est l’effet des émotions sur la concentration ?

La concentration constitue l’un des mécanismes les plus directement affectés par notre état émotionnel.

Notre cerveau dispose d’une capacité attentionnelle limitée. Or, lorsqu’une émotion devient très intense, une partie de nos ressources mentales peut être mobilisée par ce que nous ressentons.

Prenons l’exemple d’un joueur qui vient de commettre une erreur importante.

S’il ressent de la colère et continue mentalement à rejouer l’action - « Comment ai-je pu rater ça ? » - son attention n’est plus entièrement disponible pour ce qui se passe maintenant.

Même phénomène au travail.

Après un échange tendu avec son manager, un collaborateur peut retourner devant son ordinateur tout en continuant à penser à la conversation. Il est physiquement devant sa tâche, mais une partie de son esprit est ailleurs.

L'émotion agit alors comme une charge mentale concurrente.

Stress et concentration : tout est une question de niveau

Le stress n’est pourtant pas systématiquement l’ennemi de la concentration.

Avant une échéance importante, une certaine activation peut augmenter la vigilance, l’énergie et la focalisation sur l’objectif.

Mais lorsque la tension devient excessive, l’effet peut s’inverser.

L’attention peut se rétrécir, les pensées parasites se multiplier et la personne peut avoir davantage de difficulté à traiter les informations disponibles.

C'est pourquoi chercher à supprimer totalement le stress n’est pas nécessairement pertinent.

L’objectif consiste davantage à développer une meilleure gestion du stress afin de maintenir un niveau d’activation compatible avec la tâche à accomplir.

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Comment les émotions affectent-elles la prise de décision ?

Prendre une bonne décision ne consiste pas à supprimer toute émotion pour devenir parfaitement rationnel.

Nos émotions participent à la manière dont nous évaluons une situation, percevons un risque et anticipons les conséquences de nos choix.

La difficulté apparaît lorsqu’une émotion devient tellement intense qu’elle réduit notre capacité à prendre du recul.

Sous l’effet de la colère, nous pouvons répondre trop vite. Sous l’effet de la peur, éviter une décision nécessaire. Sous l’effet de l’anxiété, multiplier les hypothèses jusqu’à ne plus réussir à trancher. Sous l’effet d’un enthousiasme très important, minimiser certains signaux d’alerte.

Cela vaut pour un dirigeant, un manager, un collaborateur comme pour un athlète en pleine compétition.

Une compétence essentielle consiste alors à créer un petit espace entre :

ce que je ressens → ce que j’ai envie de faire → ce que je décide réellement de faire.

Cet espace permet de passer de la réaction à une réponse davantage choisie.

C'est également tout l'intérêt du développement de l’intelligence émotionnelle : l’objectif n’est pas de devenir moins émotionnel, mais d’être davantage capable de comprendre l’influence de son état sur ses choix.

Une émotion devient alors une donnée à prendre en compte, plutôt qu’un pilote automatique auquel nous obéissons sans même nous en rendre compte.

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Émotions positives ou négatives : lesquelles favorisent la performance ?

Joie, enthousiasme, peur, colère, anxiété… Nous avons souvent tendance à classer les émotions en deux catégories : celles qui seraient bonnes pour nous et celles dont il faudrait se débarrasser.

Pourtant, lorsqu’il est question d’émotions et de performance, cette lecture est trop simpliste.

Les émotions positives comme l’enthousiasme, la joie ou la satisfaction peuvent favoriser la motivation, l’engagement et la confiance en soi. Dans certaines conditions, l’enthousiasme peut augmenter notre envie d’agir et nous aider à persévérer face à une difficulté.

Mais une émotion agréable n’améliore pas automatiquement la performance.

Une excitation trop importante peut perturber la concentration. Un excès de confiance peut conduire à prendre davantage de risques ou à négliger certaines informations importantes.

À l’inverse, les émotions négatives ne sont pas nécessairement des ennemies à combattre.

La peur peut augmenter notre vigilance. La colère peut apporter l’énergie nécessaire pour défendre une limite ou réagir face à une situation injuste. Une certaine anxiété avant une compétition, une prise de parole ou un rendez-vous important peut nous pousser à mieux nous préparer.

Le problème apparaît surtout lorsque l’intensité de l’émotion n’est plus adaptée à la situation.

Une légère appréhension avant de parler devant un groupe peut augmenter notre niveau d’attention. Une anxiété trop forte peut, elle, provoquer des pensées parasites, augmenter la tension musculaire et perturber notre capacité à nous exprimer.

De la même manière, la colère peut donner l’énergie nécessaire pour agir, mais devenir contre-productive si elle nous pousse à répondre impulsivement.

La question n’est donc pas :

« Cette émotion est-elle positive ou négative ? »

Mais plutôt :

« Quel effet cette émotion produit-elle sur moi, ici et maintenant, et m’aide-t-elle à atteindre mon objectif ? »

C’est un changement de point de vue essentiel.

Optimiser sa performance grâce aux émotions ne consiste pas à rechercher en permanence un état agréable. Il s’agit plutôt de développer suffisamment de conscience et d’intelligence émotionnelle pour comprendre son propre fonctionnement et utiliser l’énergie de l’émotion de manière adaptée.

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Comment gérer ses émotions pour optimiser sa performance ?

Régulation émotionnelle, respiration et concentration

Comprendre l’influence des émotions est une première étape. Encore faut-il savoir quoi en faire lorsqu’elles apparaissent.

Et sur ce point, une précision est importante : gérer ses émotions ne signifie pas les contrôler ou les supprimer.

Plus nous cherchons parfois à nous débarrasser d’une émotion - « il ne faut surtout pas que je stresse », « je ne dois pas avoir peur », « calme-toi ! » - plus nous lui accordons de l’attention.

L’objectif est davantage d’apprendre à identifier l’émotion, comprendre ce qu’elle provoque et développer différentes techniques de régulation.

Dans le sport comme au travail, cela permet progressivement de ne plus être uniquement dans la réaction, mais de retrouver une marge de manœuvre sur son comportement.

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1. Identifier et accepter l’émotion

Avant de vouloir réguler une émotion, encore faut-il savoir qu’elle est là.

Cela paraît évident. Pourtant, nous prenons parfois conscience de notre état émotionnel seulement après avoir réagi.

« Je n’aurais pas dû lui parler comme ça. »

« J’ai complètement perdu mes moyens. »

« Je savais ce que je voulais dire, mais au moment de parler, plus rien. »

La première compétence consiste donc à développer une meilleure conscience émotionnelle.

Pour cela, il est possible de s’interroger :

Qu’est-ce que je ressens ?

Quelle est l’intensité de cette émotion ?

Quelles sensations apparaissent dans mon corps ?

Quelles pensées l’accompagnent ?

Qu’est-ce que cette émotion me pousse à faire ?

Cette réaction va-t-elle m’aider à atteindre mon objectif ?

Mettre un mot sur ce que l’on ressent permet déjà de prendre une certaine distance.

Il s’agit ensuite d’accepter la présence de l’émotion.

Accepter ne signifie pas subir ou approuver. Cela signifie simplement reconnaître : « Voilà ce qui est présent chez moi actuellement. »

Cette étape est essentielle pour pouvoir choisir ensuite la manière dont nous souhaitons agir.

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2. Apprendre à réguler le stress par le corps

Lorsque le stress augmente, il ne se manifeste pas uniquement dans nos pensées.

Le corps participe pleinement à la réaction : rythme cardiaque qui s’accélère, respiration qui change, tension musculaire, agitation…

Il peut donc devenir une porte d’entrée particulièrement intéressante pour retrouver un état plus adapté.

La respiration constitue par exemple un outil simple de régulation.

Allonger progressivement l’expiration, ralentir le rythme respiratoire ou utiliser certaines pratiques de respiration contrôlée peut aider à diminuer le niveau d’activation lorsque celui-ci devient trop important.

La relaxation musculaire constitue une autre technique possible. En prenant conscience des zones de tension puis en relâchant progressivement les muscles, la personne agit directement sur une partie de son activation physiologique.

Dans une logique de préparation mentale, l’objectif est surtout d’expérimenter plusieurs outils pour identifier ceux qui fonctionnent le mieux selon la personne et la situation.

Un athlète n’utilisera pas nécessairement la même technique cinq minutes avant une compétition qu’au moment de favoriser sa récupération ou son sommeil.

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3. Revenir au présent pour retrouver sa concentration

Lorsqu’une émotion perturbe la performance, notre attention se retrouve souvent ailleurs que sur l’action à réaliser.

Avant une compétition :

« Et si je perds ? »

Après une erreur :

« Comment ai-je pu rater ça ? »

Avant une présentation :

« Et s’ils pensent que je ne suis pas compétent ? »

Dans ces situations, l’esprit oscille entre le passé et le futur alors que la performance se joue… dans le présent.

L’un des objectifs de la préparation mentale consiste donc à ramener volontairement l’attention sur des éléments contrôlables et immédiatement utiles.

Un athlète peut se concentrer sur sa respiration, sa posture, un mouvement précis ou une consigne technique.

Au travail, une personne peut revenir à la prochaine action à effectuer, aux informations disponibles ou au message qu’elle souhaite transmettre.

La question peut être extrêmement simple :

« Sur quoi ai-je besoin de porter mon attention maintenant ? »

Cette capacité à rediriger volontairement sa concentration s’entraîne. Comme une compétence physique, elle se développe par la pratique et l’entraînement.

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4. Utiliser la préparation mentale et la visualisation

La préparation mentale ne consiste pas uniquement à intervenir lorsque le stress ou l’anxiété sont déjà présents.

Elle permet également de préparer en amont notre réaction face à une situation.

La visualisation en est un bon exemple.

Avant une compétition, un athlète peut se représenter mentalement certaines actions, mais aussi imaginer sa réaction face à une difficulté : une erreur, un coup de fatigue, une décision arbitrale ou un moment de tension.

Le même principe peut être utilisé dans l’entreprise.

Avant une négociation, une présentation ou un échange difficile, il est possible de se représenter la situation et d’imaginer non seulement son déroulement idéal, mais également la manière dont nous souhaitons réagir si quelque chose ne se passe pas comme prévu.

L’objectif n’est pas de prédire exactement ce qui va arriver.

Il est d’aider le cerveau à construire des réponses possibles et à renforcer le sentiment de préparation.

La question devient alors :

« Si cette situation se présente, comment ai-je envie de réagir ? »

Cette préparation peut contribuer à renforcer la confiance et à réduire l’impression de subir totalement l’événement.

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5. Transformer l’émotion en information

Une émotion nous informe toujours de choses précieuses.

La peur peut indiquer que nous percevons un risque.

La colère peut signaler qu’une limite importante a été franchie.

La frustration peut révéler un écart entre nos attentes et la réalité.

L’enthousiasme peut indiquer qu’un projet possède du sens pour nous.

Développer son intelligence émotionnelle, c’est donc aussi apprendre à se demander :

« Qu’est-ce que cette émotion essaie de me dire ? »

Prenons le cas d’un manager qui ressent régulièrement de la colère lorsque son équipe ne respecte pas certaines échéances.

Il peut chercher uniquement à supprimer sa colère.

Mais il peut également l’utiliser comme une donnée : cette émotion révèle-t-elle un besoin de contrôle ? Une attente qui n’a jamais été clairement formulée ? Une limite qui doit être posée ? Une charge de travail trop importante ? Un problème d’organisation ?

L’émotion devient alors un outil de compréhension plutôt qu’un problème à éliminer.

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5 leviers pour faire de ses émotions des alliées de la performance

Au-delà des techniques utilisées ponctuellement, travailler sur son fonctionnement émotionnel permet de développer plusieurs compétences utiles à long terme.

Réguler son stress

Un stress trop important peut affecter la concentration, augmenter l’anxiété et perturber certaines décisions.

Développer une meilleure gestion du stress consiste notamment à reconnaître ses premiers signaux, comprendre ses déclencheurs et disposer de techniques permettant de revenir vers un niveau d’activation plus adapté.

Le but n’est pas nécessairement de supprimer le stress, mais d’apprendre à rester capable d’agir efficacement lorsqu’il est présent.

Soutenir sa motivation

Les émotions jouent également un rôle de moteur.

L’enthousiasme, l’intérêt, la satisfaction ou la fierté peuvent favoriser l’engagement et la persévérance.

Lorsque la motivation diminue, il peut donc être intéressant de ne pas seulement se demander « Comment me forcer à agir ? », mais aussi :

« Quelle émotion est associée à cette tâche et pourquoi ? »

L’ennui, la peur de l’échec, le sentiment d’inutilité ou la frustration ne nécessitent pas la même réponse.

Améliorer sa concentration

Apprendre à reconnaître les pensées et émotions qui captent notre attention permet de revenir plus rapidement à ce qui est important.

Cela passe notamment par l’entraînement attentionnel, la respiration, certaines pratiques de pleine conscience ou la création de routines de concentration.

L’objectif n’est pas de ne plus être distrait, mais de devenir meilleur pour remarquer que son attention est partie… et la ramener.

Renforcer la confiance en soi

La confiance en soi ne signifie pas ne plus ressentir de peur ou de doute.

Un athlète peut avoir confiance en sa préparation et ressentir malgré tout de l’appréhension avant une compétition. Un dirigeant peut savoir qu’il est compétent tout en étant stressé avant une décision importante.

Renforcer la confiance consiste notamment à ne plus interpréter systématiquement une émotion désagréable comme la preuve que nous sommes incapables de réussir.

« Je ressens du stress » ne signifie pas « je ne suis pas capable ».

Cette distinction peut profondément modifier notre rapport à la performance.

Développer sa capacité de récupération

Enfin, la performance ne dépend pas uniquement de ce que nous sommes capables de produire à un instant donné.

Elle dépend également de notre capacité à récupérer.

Accumulation de stress, charge mentale, sommeil insuffisant, tensions physiques et ruminations peuvent progressivement diminuer nos ressources.

Dans le sport de haut niveau, entraînement et récupération sont indissociables. Cette logique mérite également d’être appliquée au monde professionnel.

Respiration, relaxation, activité physique, sommeil, coupures réelles ou routines de récupération peuvent aider le système à revenir vers un état plus favorable.

Car optimiser sa performance sur le long terme ne consiste pas à être constamment au maximum de ses capacités.

Cela consiste aussi à savoir quand mobiliser son énergie… et quand la récupérer.

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De l’athlète au collaborateur : une même logique de performance

Sport et entreprise sont évidemment deux environnements différents. Pourtant, certains mécanismes de performance se rejoignent.

Un athlète apprend à connaître ses réactions avant une compétition. Un manager peut apprendre à identifier ce qui se passe en lui avant un échange difficile.

Un joueur développe des routines lui permettant de retrouver sa concentration après une erreur. Un collaborateur peut apprendre à revenir plus rapidement à sa tâche après une situation émotionnellement chargée.

Un sportif travaille sa récupération entre deux entraînements. Un professionnel peut lui aussi apprendre à mieux gérer son énergie entre deux périodes de forte charge.

La préparation mentale offre ainsi des outils intéressants bien au-delà du sport.

L’objectif reste finalement le même : mieux connaître son fonctionnement pour être capable de mobiliser ses ressources au bon moment, dans les bonnes conditions et au service du bon objectif.

L’émotion cesse alors d’être considérée comme quelque chose qu’il faudrait systématiquement contrôler.

Elle devient une information, une énergie et parfois même un véritable levier de performance.

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Émotions et performance : ce qu’il faut retenir

Les émotions ne sont donc ni systématiquement des freins, ni automatiquement des boosters de performance. Leur influence dépend de nombreux facteurs : leur nature, leur intensité, la situation, notre interprétation et surtout notre capacité à les réguler.

Que l’on soit athlète, manager, dirigeant ou collaborateur, elles peuvent affecter notre concentration, notre motivation, notre prise de décision, notre comportement, notre niveau d’activation physique et notre capacité à récupérer.

Quelques principes essentiels permettent de mieux comprendre le lien entre émotions et performance :

Une émotion provoque à la fois une expérience mentale, une activation physiologique et une tendance à l’action.

Les émotions positives ne sont pas toujours favorables à la performance et les émotions négatives ne sont pas nécessairement néfastes.

Un niveau de stress ou d’anxiété adapté peut favoriser la vigilance et la mobilisation, tandis qu’un niveau excessif peut perturber la concentration et la prise de décision.

Il n’existe pas un état émotionnel optimal universel : chacun doit progressivement identifier sa propre zone de fonctionnement optimal.

La respiration, la relaxation, les routines, la visualisation ou encore l’entraînement attentionnel peuvent aider à mieux réguler son état.

Développer son intelligence émotionnelle permet de mieux identifier ses émotions, de comprendre leur influence et d’adapter son comportement.

Enfin, la performance durable dépend autant de notre capacité à mobiliser nos ressources que de notre capacité de récupération.

L’objectif n’est donc pas de devenir une personne qui ne ressent plus rien. Il est de développer suffisamment de connaissance de soi pour pouvoir se demander :

« De quel état ai-je besoin pour être performant maintenant, et comment puis-je m’en rapprocher ? »

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Conclusion : faire de ses émotions un levier de performance

Pendant longtemps, émotion et performance ont presque été opposées. D’un côté, la rationalité, la maîtrise, l’efficacité. De l’autre, quelque chose de plus intime, de moins contrôlable et parfois encore tabou dans l’entreprise.

Pourtant, nous ne pouvons pas séparer notre performance de notre fonctionnement émotionnel.

Nos émotions influencent notre corps, notre cerveau, notre motivation, notre concentration, notre prise de décision et nos relations avec les autres. Elles peuvent modifier la performance sportive d’un athlète comme l’efficacité d’un collaborateur, le comportement d’un manager ou les décisions d’un dirigeant.

L’enjeu n’est donc pas d’opposer émotions positives et émotions négatives, ni de chercher à rester constamment calme, enthousiaste ou confiant.

Il est d’apprendre à reconnaître ce qui se passe en soi.

Identifier. Accepter. Comprendre. Réguler. Puis agir.

C’est notamment tout l’intérêt de la préparation mentale, de la gestion du stress et du développement de l’ intelligence émotionnelle : disposer de davantage d’outils pour ne plus subir automatiquement son état émotionnel et retrouver, lorsque cela est nécessaire, les conditions favorables à son propre fonctionnement optimal.

Dans le sport, cette approche paraît aujourd’hui presque évidente. Un athlète travaille sa technique, son physique, son entraînement, sa récupération… mais également son mental.

Dans le monde du travail, nous avons encore parfois tendance à oublier cette dernière dimension.

Pourtant, une équipe n’est pas uniquement composée de compétences. Une entreprise n’est pas uniquement un système, une organisation ou des processus. Elle est composée de personnes qui ressentent, interprètent, réagissent et interagissent.

Prendre en compte les émotions ne signifie donc pas renoncer à la recherche de performance. Cela peut, au contraire, être une manière de l’optimiser.

Car finalement, l’émotion n’est pas l’ennemie de la performance.

Elle peut en être le moteur, à condition d’apprendre à la connaître et à l’utiliser.

Faites de vos émotions un levier de performance

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